qu’est ce qu’un psychologue et un psychiatre

Qu’est ce qu’un psychologue?

Il existe un grand nombres de psychologues, qui se différencient sous quatre grandes spécialités : clinique, développement, cognitive et sociale.

Les plus souvent consultés pour des problèmes ou souffrances d’ordre psychologique sont les psychologues cliniciens.

D’un point de vu étymologique, psychologie signifie étude de l’âme et clinique au chevet, au lit du malade.

Le psychologue clinicien, exerce son métier la plupart du temps par le biais de la parole, ce qui lu permet de repérer les divers problèmes, symptômes ou souffrances que rencontre la personne qui  en fait la demande.

C’est au travers des différentes séances et de l’échange avec le praticien, que des solutions seront trouvées et misent en place… l’acte de parler a toujours un effet. Il ne s’agit pas d’une simple rencontre, mais bien d’un travail tant pour le psychologue que pour le patient, cela suggère donc un investissement tant personnel, que temporel…

 

Qu’est ce qu’un psychiatre?

Le psychiatre quant à lui est avant tout médecin. Ce qui signifie d’emblée qu’il a la possibilité de prescrire un traitement pouvant soulager les difficultés rencontrées, cela suppose également qu’il est pris en charge par la sécurité sociale.

En tant que médecin, le psychiatre est spécialisé dans les troubles lourds de la santé mentale (troubles psychiatriques), mais propose tout comme le psychologue des suivis psychothérapeutiques.

Freud : Vidéos et Textes

 

Psychanalyse : S.FREUD

VIDÉOS :

– Sigmund Freud, L’invention de la psychanalyse (un film d’Elisabeth Kapnist).

 

– Freud Arté Reportage.

 

Textes Freudien :

Liens vers les sites qui propose ses textes tombés dans le domaine publique.

https://www.atramenta.net/authors/sigmund-freud/12857/publications

 

  • Au delà du principe de plaisir : https://www.atramenta.net/lire/au-dela-du-principe-de-plaisir/26192

 

 

  • Psychopathologie de la vie quotidienne : https://www.atramenta.net/lire/psychopathologie-de-la-vie-quotidienne/28025

Pierre Bourdieu

Pierre Bourdieu et sa notion d’habitus.

I. Présentation brève.

Pierre Bourdieu sociologue français, agrégé de philosophie en 1957 à partir d’un travail de thèse, en lien avec les structures temporelles de la vie affective, auprès de G. Canguilhem. C’est en partant de ses travaux de recherche qu’il s’orientera par la suite, sur l’anthropologie puis plus tard sur la sociologie.

II. Son approche du social.

Pour lui, le monde social, dans les sociétés modernes, apparaît comme divisé en divers « champs », c’est à ­dire que le monde est subdivisé selon les activités sociales que constituent les espaces sociaux. Ces champs, par exemple, sont artistiques, politiques ou autres, mais restent fixés sur l’accomplissement d’une activité donnée (c’est­ à ­dire que ça peut être aussi un champ sportif). C’est avec cette idée qu’il démontrera les limites de l’analyse marxiste sur la question des conflits entre les classe sociales car, selon lui, les conflits ne se font pas entre les champs sociaux, mais bien à l’intérieur de ces derniers, favorisés par des processus de compétition entre les agents pour occuper une position dominante dans ce même champ. (Idée du nouveau management ?)

Selon P. Bourdieu, cette conception sociale est une tentative de dépasser l’opposition
« scientifiquement ruineuse » (idées déjà prédominantes du scientisme en sociologie) de l’objectivisme et du subjectivisme, autant que pour sortir de l’alternative positiviste entre individu et société, c’est à dire pour rompre avec la coupure entre collectif et individualisme. Pour Bourdieu, cette rupture entre société et individu s’est effacée à partir du moment où il met en place la théorisation de ce concept clé qu’est l’habitus.

III. L’habitus.

Élaboré à la fin des années 1960, il l’introduit pour la première fois dans la préface de son livre sur l’anthropologie Kabyle, Esquisse d’une théorie de la pratique (paru en 1972), concept qu’il complétera en grande partie dans deux ouvrages : le premier paru en 1979 La Distinction et le deuxième Le sens pratique paru en 1980. Il tire ce concept de deux pensées principales : celle d’Aristote et de Thomas d’Aquin, notion qu’il a totalement modifié et repensé. L’Habitus vient tel quel du latin et signifie « la manière d’être, l’aspect extérieur et la conformation physique » ; tel que P. Bourdieu le définit, ce concept d’habitus serait plus à mettre en lien avec Hexis qui signifie « aptitude, habileté ». (Période pour Lacan séminaire 18 d’un discours qui ne serait pas du semblant).

L’habitus pour Bourdieu est un système de perceptions, de pensées, d’actions et d’appréciations acquises de façon non consciente à travers la socialisation de l’individu, c’est à ­dire la famille, l’école, les rencontres…. L’habitus, nous dit Bourdieu, est ce qui permet à deux personnes, devant la même situation, de voir ou de construire la réalité de deux façons différentes et cela en fonction du goût de « l’agent » (l’agent est cet individu constitué d’habitus). L’habitus est le produit d’incorporation de la somatisation de la structure objective, c’est ­à ­dire une intériorisation inconsciente de ce qui est objectif. Par exemple, la femme collaborerait de manière totalement inconsciente à travers son corps à ce qu’elle représente dans la notion même d’être une femme dans la société. Il considère que les femmes ont le goût de la cosmétique, le goût de l’élégance et que, dans la division du travail, elles ont la charge de l’intérieur. Elles seront donc plus nombreuses en psychologie car cela concerne l’intérieur, alors que les hommes, eux prendront plus facilement en charge l’extérieur c’est­ à dire un pan sociologique et politique. Elles ou ils ont introjecté ce pourquoi ils sont pensés, c’est ce qu’il a appelé la gestion des biens symboliques.

L’agent donc, se fait objet et est complice de ce qu’il subit. D’une certaine façon, le corps collabore avec des structures dont il est l’incorporation et dont il est le produit, c’est ce qu’il désigne sous le terme de violence symbolique. Le corps apparaît comme le reflet social de l’habitus incorporé, comme étant une structure mentale inscrite dans les plis du corps. Toujours selon lui, cette notion prend tous son sens dans l’expression marxiste « les dominants sont dominé par leur domination » : les dominants ont dans leur cerveau, leur corps la dichotomie fondamentale de collaborer avec leur propre domination, car l’agent subit les conséquences de sa propre violence. P. Bourdieu nous montre ici comment il évacue la notion même de responsabilité du sujet, car il ne peut pas y avoir de coupable en ce lieu, l’agent n’est pas responsable de ce qu’il lui arrive puisque ses actes ou cette « violence symbolique » sont complètement inconscients.

Avec cette notion d’habitus, Il dit placer l’agent au cœur même de l’action de sa liberté absolue, mais réellement il n’en est rien puisque celui­ci inconsciemment à a faire à une soumission complète à ses habitus et à sa violence symbolique. C’est en se défendant des idées structuralistes en particulier « levistraussiennes » qui, dans son interprétation, sont déterministes et mettent le sujet sous le joug de règles entravant sa liberté. L’être, dans sa conception, devient un tout social. Même s’il tente de montrer comment il peut être subjectivable, son agent n’est pas sujet au sens du sujet lacanien. Dans sa conception de l’habitus, chaque individu est fabriqué avec des représentations sociales et est, en même temps, complètement singulier. L’habitus, pour lui, est divisé en deux catégories (toujours sur le pan intérieur-­extérieur) : la première, les habitus de classes d’individus qui sont des dispositions communes en fonction de la classe sociale (ils ressemblent aux champs sociaux), puis la seconde, les habitus individuels qui sont une composition singulière des différents habitus de classes. C’est, pour Bourdieu, ce dernier point qui casse la coupure de la différenciation entre société et individu.

IV. Bourdieu et …

Je vais m’appuyer sur ce lien société et individu que tente de faire Bourdieu pour le transformer en sujet et lien social en m’efforçant de lier les choses autrement. Si la référence à Lacan me semble utile ici, c’est parce qu’elle indique une voie pour sortir des apories dans lesquelles Bourdieu nous engage.

A bon nombre de reprises, j’ai entendu P. Macary dire que le sujet est un songe pour la psychanalyse et ceci va contre toute sociologisation du sujet, mais il n’en est pas moins que le sujet est un être social. Dans Essais de psychanalyse, Freud nous montre que « dans la vie psychique de l’individu pris isolément, l’autre intervient très régulièrement en tant que soutien, modèle ou adversaire et de ce fait la psychologie individuelle est aussi, d’emblée, et simultanément, une psychologie sociale ». Ceci nous indique que l’être humain parlant se constitue via des normes et des symboles sociaux. Lacan, quant à lui, modifiera les choses via la structure du langage. Le sujet est pris dans sa relation à l’Autre, prédisposant pour lui la structure symbolique (S1­ S2). Si l’on prend la définition canonique du sujet, « le signifiant est ce qui représente le sujet pour un autre signifiant » nous dira Lacan en 1961. Alors, le sujet en­soi peut se définir comme étant une coupure, comme étant représentée par un signifiant.

(Quasiment en même temps que la première occurrence de l’habitus dans un écrit de Bourdieu, mais 10 ans avant la véritable théorisation de l’habitus)

Marie­-Jean Sauret, quant à lui, nous spécifiera dans son livre Malaise dans le capitalisme qu’il n’y a « Pas de lien social sans sujet ». C’est dans L’envers de la Psychanalyse (1969-­1970) que Lacan formalisa la dialectique du lien social sous la forme de quatre discours, témoignant ainsi de la division du sujet. Qu’est ­ce que lien social selon Lacan ? « C’est le rapport du sujet au lien social » : si le sujet est ce qui se «représente d’un signifiant pour un autre signifiant », alors cette structure est comparable à celle du lien social. Dans cette composante de l’inscription du sujet dans le langage et dans le lien social, il devient nécessaire de distinguer les termes et les places qui se fonderont dans cette articulation.

Les discours se constituent à partir des relations entre quatre positions constantes : produit, agent, autre et vérité. L’agent est celui qui parle, qui fait agir (mais ce n’est pas celui de Bourdieu, on ne sait même pas si il parle); l’autre est celui à qui l’agent s’adresse ; la vérité est ce qui est méconnu de l’agent et la production est l’effet du discours qui est produit.


Nous voyons, entre ces termes, une circularité incomplète puisque il y a un point qui résiste : la vérité qui est le moteur sous­-jacent de celui qui s’exprime. Nous voyons là plusieurs rapprochements à faire, en partant du point de la vérité comme pouvant également s’adresser à l’autre, comme ce qui s’exprime aux travers des formations de l’inconscient. L’agent s’adresse à un autre, ce qui produit un effet, mais cette production peut également faire retour sur l’agent lui ­même. Dans cette formation, il n’y a pas de lien directe entre la vérité et la production puisque Lacan formalisera cette question sous le joug du fantasme ($ <> a). A savoir que, si la vérité et la production ne sont pas en lien, il n’y a donc pas de possibilité de faire coller le sujet à ce qui est produit, c’est ­à ­dire l’objet.

« Qu’est ­ce qui est vrai ? nous dit Lacan, Mon Dieu, c’est ce qui s’est dit. Qu’est ­ce qui s’est dit? C’est la phrase. Mais la phrase, il n’y a pas moyen de la faire supporter d’autre chose que du signifiant, en tant qu’il ne concerne pas l’objet…le signifiant ne concerne pas l’objet, mais le sens ». La demande faite à l’Autre comporte alors toujours un hiatus, un écart, qui résulte en particulier de l’interprétation que l’Autre en fait. Nous pouvons donc faire deux rapprochements : le premier entre l’agent et la vérité, caractérisant ainsi celui qui parle et d’où ça parle, et le second qui concerne celui à qui la demande s’adresse et quels en seront les effets, c’est ­à ­dire la production. Bourdieu lie le tout en un seul et même point avec sa notion d’habitus en évacuant ce point de vérité, il ne permet pas de distinction entre ces quatre termes.

Dans la leçon du 13 février 1973 du Séminaire Encore, Lacan nous dit : « Il n’y a que ça, le lien social. Je le désigne du terme de discours parce qu’il n’y a pas d’autre moyen de le désigner dès qu’on s’est aperçu que le lien social ne s’instaure que de s’ancrer dans la façon dont le langage se situe et s’imprime sur ce qui grouille, à savoir l’être parlant. » . Ce que fait Lacan, quand il se saisit de la notion de lien social, permet de repenser cette notion alors sous la question du langage, à partir des discours et de la jouissance, qui s’entend ici avec le « ce qui grouille ». La logique, que Lacan suit dans la formation de ces discours, est « celle des lois du langage pour l’être parlant et fait valoir tous les effets qu’a sur lui cette réalité ».

Les interrogations, que nous pouvons porter à la question du lien social, se logent dans la façon dont le sujet a à faire avec sa jouissance dans sa rencontre avec l’autre et au fond avec son fantasme. La production des quatre discours rend compte par leur formalisation et leur écriture des rapports possibles du parle être à la jouissance, ceci marque une constance, c’est à dire la dimension de la perte, donc de la barrière de l’impossible de jouissance. Celle-ci « s’écrit entre la place de la production et celle de la vérité ». C’est en ce point que nous pourrons donc définir la fonction du lien social que produit un discours pour celui pris dans une relation avec l’autre. (Pour ma part c’est justement ce point qui échappe complètement à Bourdieu).

V. subjectif/ subjectivité ?

Comment alors rendre compte de la conception que Bourdieu fait de son « agent » aux travers de son concept d’Habitus ? Conception qui montre et explique, selon lui, comment l’individu s’insère dans la société et y prend place ? Ne pourrions-­nous pas faire un pont entre l’agent bourdieusien et la notion de subjectivité ? Car j’ai bien l’impression que c’est avec cette notion qu’il sera possible de comprendre sous quel logique viens se loger son agent.

Pour Bourdieu, « L’analyse des structures objectives ­ celle des différents champs ­est inséparable de l’analyse de la genèse au sein des individus biologiques des structures mentales qui sont pour une part le produit de l’incorporation des structures sociales et de l’analyse de la genèse de ces structures sociales elles­-mêmes : l’espace social, et les groupes qui s’y distribuent, sont le produit de luttes historiques (dans lesquelles les agents s’engagent en fonction de leur position dans l’espace social et des structures mentales à travers lesquelles ils appréhendent cet espace). (Bourdieu, 1980 le sens pratique P.24) »

Plus loin dans son livre le sens pratique : Il nous dit que l’« Histoire incorporée, faite nature, et par là oubliée en tant que telle, l’habitus est la présence agissante de tout le passé dont il est le produit : pourtant, il est ce qui confère aux pratiques leur indépendance relative par rapport aux déterminations extérieures du présent immédiat. Cette autonomie est celle du passé agi et agissant qui, fonctionne comme capital accumulé, produit de l’histoire à partir de l’histoire et assure ainsi la permanence dans le changement qui fait l’agent individuel comme monde dans le monde. (Bourdieu, 1980, pp. 94­95) »

Le terme de subjectivité pour Marie­-Jean Sauret se réfère à ce que Lacan a pu énoncer dans les Ecrits, où il qualifie ce terme de subjectivité comme sous-­tendu par l’inscription historique du sujet, du fait même que les discours, avec lesquels il s’était tu, sont concrètement prononcés. C’est effectivement dans le discours de Rome que Lacan articule la question de la subjectivité et de l’œuvre de l’analyste. « De toutes celles qui se proposent dans le siècle, l’œuvre du psychanalyste est peut-­être la plus haute parce qu’elle y opère comme médiatrice entre l’homme du souci et le sujet du savoir absolu. C’est aussi pourquoi elle exige une longue ascèse subjective, et qui ne sera jamais interrompue, la fin de l’analyse didactique elle­-même n’étant pas séparable de l’engagement du sujet dans sa pratique. Qu’y renonce donc plutôt celui qui ne peut rejoindre à son horizon la subjectivité de son époque. ».

Ne pourrions-­nous pas supposer alors que La subjectivité est ce qui, du sujet, est pris dans le discours ? Pour Sidi Askofaré, la subjectivité ce sont les traits, les valeurs et les positions qu’ont en commun les sujets d’une époque dans leurs rapports à l’Autre dans leurs discours. Cette nuance apportée à la question de la subjectivité nous montre bien en quoi le sujet n’est pas seulement dans des discours, mais bien dans son rapport à l’Autre.

Le problème reste entier quand à la question de la subjectivité  mais chacun à leur manière viennent rendre compte de comment le sujet a à faire avec ce qu’il vit, avec son histoire, avec son époque donc et aussi avec le lien social qui l’entoure et dont il fait partie. J’oserais dire que pour Bourdieu la façon dont il a d’amener les choses, plus que de s’occuper du sujet et de son réel, il me parait plus opportun de parler d’une objectivation de la subjectivité à travers la conception qu’il a de son agent et de comment il le lie au social, ou plutôt comment le social lie son agent.

Nous voyons avec ce que je viens d’être énoncé, comment pour Bourdieu il y a une tentative de fermer, voir de suturer le réel dans les élaborations théoriques qu’il fait. Plus que de combler le trou du réel de la science, il cherche à le remplir, à tout expliquer sans laisser de place à l’indicible. Quand Lacan nous dit que, en­soi, le lien social c’est ce rapport qu’entretient le sujet avec celui­-ci, il nous montre bien que l’un et l’autre sont indissociables, alors que nous voyons qu’avec la théorisation de Bourdieu, son agent, même s’il veut le faire subjectif, ne peut pas l’être, car il n’est constitué que de social, il n’y a pas de rapport entre l’un et l’autre, puisque cela ne peut s’exercer que dans un sens, celui du social vers son agent, il est une histoire incorporé. Bourdieu est dans un tout déterminisme sociale de ce qu’il appelle « l’agent », qu’il induit de ce fait avec ce signifiant dans un faire, dans une action, évacuant par ce dernier une part d’inconnu : celle du Réel.­